LIBAN. « Quand le soleil se lèvera, Beyrouth, ma ville, n’existera plus »

CHINA AFRICA MEDIA- Au lendemain de la double explosion qui a dévasté la capitale libanaise le 04 août dernier, la presse du monde entier a aussitôt fait l’échos de cette tragédie qui aura coûté 113 vies humaines, près de 5000 blessés et plusieurs milliards de dollars de dégât matériel. Certains médias titraient sur l’ampleur des dégâts tandis que d’autres recueillaient les témoignages et récits de témoins oculaires. CHINA AFRICA MEDIA vous propose donc ici les regards croisés d’organes de presse présents sur le terrain. 

Autres Presses-« Quand le soleil se lèvera, Beyrouth, ma ville, n’existera plus » : après avoir sillonné la capitale à moto, juste après les explosions, une reporter du journal évoque, tard dans la nuit, « une destruction digne d’un film de fiction », une ville dont « il ne reste plus rien que ses habitants, qui ont appris à survivre, à vivoter, à être résilients ». « Il ne reste plus rien à Beyrouth. Plus rien. Et quand le soleil se lèvera, écrit-elle, nous constaterons que la ville n’est plus ».

L’onde de choc de ces explosions se propage à travers la presse internationale. The National relève que la seconde explosion a été si forte qu’elle a été ressentie jusqu’à Chypre. « Les traces de ces explosions massives sont visibles partout dans la capitale, tout comme la solidarité du peuple libanais, coutumier des crises », note le quotidien émirati.

« Beyrouth brisé » : au Royaume-Uni, The Independent fait état du témoignage d’une infirmière de l’hôpital Saint-Georges, qui dit avoir traversé la guerre civile de 1975-1990 et la guerre de 2006 contre Israël sans avoir jamais connu une telle déflagration. « Nous sommes maudits. Et même si c’est un accident, c’est la dernière chose que nous pouvions nous permettre », déclare un jeune blessé d’une vingtaine d’années, dans The Guardian. Le quotidien britannique parle d' »un désastre d’une telle ampleur qu’il est difficile d’en prendre la mesure, dans un pays qui était déjà au bord du précipice ».

Pour rappel les autorités libanaises ont indiqué que les explosions étaient dues à l’embrasement de 2750 tonnes de nitrates d’ammonium entreposées près du port de la ville. 

MADAGASCAR. De la Grande Ile à Dubai et N’Djamena, le Covid-Organics voyage à travers le monde

A deux semaines de l’inauguration de la nouvelle usine de production du Covid-organics, la diplomatie commerciale malgache marque des points. Le remède malgache s’exporte au Moyen-Orient.

Consommation bénéfique du remède malgache au Tchad. Satisfaites des effets sur la santé, les autorités tchadiennes ont fait appel à un nouveau stock du covid-organics. «  Suite aux effets positifs constatés sur sa population, le Tchad a demandé à recevoir pour la seconde fois du Covid-Organics pour lutter contre le coronavirus. Ainsi, 20000 doses curatives et préventives ont été transmises aux émissaires du Président Idriss Deby Itno ce jour », a déclaré le 10 juin Andry Rajoelina, président de Madagascar.

Une semaine auparavant, le 3 juin 2020, le Covid-Organics s’est exporté à Dubai, à la demande des autorités des Emirats Arabes Unis. C’etait dans le cadre d’un échange gagnant-gagnant. «  Les Emirats Arabes Unis envoient du matériel d’assainissement et ont demandé à recevoir covid-organics cette Madagascar fait un don. Belle coopération qui prouve que chaque pays a des richesses à partager pour aider ses amis et sauver des vies!

La Banque Mondiale finance pour près de 350 millions de dollars la résilience des pays du Lac Tchad

CHINA AFRICA MEDIA – (karimou SOUMANA ANP Niger) La Banque Mondiale finance pour quelque 346 millions de dollars deux projets destinés à renforcer la résilience et les moyens de subsistance des pays du Lac Tchad que sont le Cameroun, le Niger, le Nigéria et le Tchad, a-t-on appris d’un communiqué de l’Institution bancaire dont copie est parvenue à l’ANP.

Il s’agit notamment du Projet pour la relance et le développement de la région du lac Tchad (PROLAC, 170 millions de dollars), qui a pour objectifs d’appuyer les plateformes de coordination nationale et régionale et le renforcement des capacités locales, de contribuer à la restauration d’une mobilité rurale durable et de la connectivité et de consolider la reprise des activités agricoles rémunératrices dans certaines provinces du Cameroun, du Niger et du Tchad.

Il appuiera, en outre, le partage de connaissances et le dialogue régional à travers une plateforme de données hébergée par la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) et accroîtra l’autonomie des communautés en misant sur l’engagement citoyen, les activités de cohésion sociale et les travaux publics à forte intensité de main-d’œuvre.

Enfin, ce projet soutiendra la remise en état des routes rurales et des petites infrastructures de transport ainsi que des investissements productifs pour augmenter la productivité dans les polders du Tchad et développer l’agriculture dans les oasis du Niger comme dans les zones proches du lac Tchad dans la région de l’Extrême-Nord, au Cameroun.

Le second projet, le Projet multisectoriel de sortie de crise pour le Nord-Est du Nigéria (MCRP, 176 millions de dollars) est un financement additionnel pour aider les autorités à améliorer l’accès aux services de base et les débouchés économiques des communautés touchées par la crise dans les États du Nord-Est du pays (Adamawa, Borno et Yobe), tout en renforçant la coordination entre ces États et les autres pays riverains du lac Tchad.

Tout en mettant l’accent sur les moyens de subsistance et les investissements dans la filière agricole, ce projet permettra, par ailleurs, de soutenir des méthodes et des programmes de chantiers demandeurs de main-d’œuvre, promouvoir la connectivité rurale et régionale, réhabiliter les infrastructures de marché et privilégier les mesures d’adaptation et d’atténuation face au changement climatique.

Doté d’une enveloppe de 200 millions de dollars au départ, ce nouveau complément permettra au projet d’étendre ses activités dans le domaine de l’éducation et de la santé pour s’attacher à la fourniture des services, à travers des subventions aux communautés scolaires et des incitations aux enseignants de retour, mais également en promouvant des services de santé primaire de qualité dans certains dispensaires et hôpitaux de district publics.

La région du Lac Tchad, note-tg-on, reste pénalisée par un manque d’infrastructures, la faiblesse de l’accès aux services de base et l’impact sévère du changement climatique sur les ressources naturelles et les moyens de subsistance. Cette région affiche des indicateurs économiques et de développement inférieurs aux niveaux moyens des quatre pays riverains.

Cette situation, conjuguée à l’insécurité ambiante du fait de la présence du groupe terroriste Boko Haram dans la région, fait que plus de 49 millions de personnes sont empêchées de gagner leur vie à travers la pêche, l’élevage ou l’agriculture. D’où toute l’importance de ces deux projets qui s’attachent à renforcer la collaboration régionale entre les quatre pays afin de soutenir les communautés vivant à proximité du Lac Tchad et améliorer les conditions de vie de la population, notamment des femmes et des jeunes vulnérables qui sont plus fortement confrontés aux conséquences négatives du changement climatique et à l’insécurité.

Pour la Directrice de l’intégration régionale en Afrique à la Banque mondiale, Mme Deborah WETZEL, « la région du lac Tchad reste une zone prioritaire d’engagement étant donné les défis communs auxquels elle est confrontée et l’incroyable potentiel de la coopération régionale ».

Selon elle, « le cadre mis en place par ces deux projets jettera les bases d’une coopération régionale et d’investissements concertés pour améliorer l’accès aux marchés régionaux, promouvoir le développement de chaînes de valeur et relancer le commerce transfrontalier et régional ».

CHINE. Pourquoi autant d’agitation américaine sur la nouvelle loi de Hong-Kong ?

CHINA AFRICA MEDIA- Selon Pékin, l’argument selon lequel les démocrates de Hongkong sont « manipulés » par les Etats-Unis est crédible. L’utilisation des contestataires par l’administration Trump a sérieusement nui à cette implication des Etats-Unis à Hong Kong.

En effet, la Chine a accusé le secrétaire d’État américain Mike Pompeo de « faire chanter » le gouvernement de Hong Kong avec la loi sur les droits de l’homme et la démocratie de Hong Kong, affirmant jeudi que les récentes actions de l’administration américaine constituaient une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Chine.

Pompeo a déclaré mercredi que le traitement récent réservé aux militants en faveur de la démocratie à Hong Kong avait rendu plus difficile d’évaluer si le territoire restait très autonome par rapport à la Chine, une condition pour le traitement spécial accordé à la ville en vertu de la loi américaine.

Un porte-parole du bureau du ministre chinois des Affaires étrangères à Hong Kong a déclaré dans un communiqué que les actions de Pompeo ne pouvaient pas effrayer le peuple chinois et que Pékin protégerait sa souveraineté, sa sécurité et ses intérêts de développement.

Vendredi 22 mai, Josep Borrell, le haut représentant de l’Union européenne pour la politique extérieure, a rappelé l’« attachement » de l’Union européenne au principe « un pays, deux systèmes », qui permet à Hongkong de bénéficier d’un « haut degré d’autonomie ». Il a souligné « l’importance de la préservation du débat démocratique » et du respect des droits de l’homme. Mais l’Europe, hélas, ne semble pas en mesure de faire entendre la voix de la raison à Pékin.

Police de Hong Kong

Lorsque la Grande-Bretagne a rétrocédé Hongkong à la Chine, le 1er juillet 1997, le monde était relativement optimiste, convaincu que la Chine et l’Occident allaient se rapprocher. Hongkong devait être l’un des moyens de ce rapprochement. Un quart de siècle plus tard, c’est malheureusement l’inverse qui s’est produit. Hongkong est devenu le symbole de la difficile cohabitation entre deux systèmes de plus en plus antithétiques.

Hong Kong est régie par « un pays, deux systèmes » depuis son retour en Chine en 1997. Le cadre offre au territoire des libertés qui ne sont autorisées nulle part ailleurs sur le continent, mais la crainte que ces libertés soient restreintes a contribué à alimenter un mouvement croissant de contestations. Avec la nouvelle sur Hong Kong, d’aucuns ont peur que les manifestations reprennent.

RELIGION. Islam : Aïd al-Fitr, la fin du mois le plus saint troublée par le coronavirus

Comment certains grands états musulmans du monde vont-ils célébrer la fête ? China Africa Media a choisi de présenter les statistiques en Irak, Turquie et Indonésie qui pourraient troubler la convivialité musulmane.

CHINA AFRICA MEDIA. Le ministère irakien de la Santé a signalé la hausse la plus abrupte d’une journée des cas de coronavirus avec 308 nouvelles infections depuis que le gouvernement a commencé à enregistrer les cas fin février. Alors que le pays accueille l’Aïd al-Fitr, qui marque le mois le plus saint du Ramadan, l’Islam a signalé au moins 4 200 cas et 152 décès.
Le ministre turc de la Santé a annoncé 32 nouveaux décès dus au COVID-19, portant le nombre de morts à 4 308. Fahrettin Koca a également signalé 1 186 infections confirmées au cours des dernières 24 heures, le nombre le plus élevé de la semaine, portant le total national à 55 686. Un verrouillage du week-end de l’Aïd al-Fitr a été imposé en Turquie.

Denpasar, Bali, Indonésie

L’Indonésie, le pays à majorité musulmane le plus peuplé du monde, a signalé 949 nouveaux cas de coronavirus, ce qui porte le total national à 21 745, avec 1 351 décès. Alors que les Indonésiens se dirigent vers les magasins en préparation de la célébration de l’Aïd, un grand marché du centre de Java a été fermé en raison d’une épidémie de COVID-19.

Selon les données compilées par l’Université Johns Hopkins, plus de 5,28 millions de personnes dans le monde sont désormais confirmées comme étant infectées par le coronavirus. Plus de 340 000 personnes sont décédées dans le monde, tandis que plus de deux millions de personnes sont décédées

GRECE. Athène cherche à relancer la saison touristique le 15 juin

La Grèce veut relancer son secteur touristique dès le mois prochain. La saison touristique tant attendue de la Grèce débutera le 15 juin avec l’ouverture d’hôtels saisonniers.Deux semaines après devraient suivre l’ouverture des sites touristiques, ont indiqué les autorités gouvernementales. Lesquelles estiment que la propagation du virus est maitrisée car le pays en place des protocoles touristiques.

Le Premier ministre Kyriakos MITSOTAKIS a déclaré que les vols internationaux commenceront à se diriger directement vers des destinations touristiques le 1er juillet. Dans une adresse télévisée à la nation mercredi,  MITSOTAKIS a déclaré que les visiteurs seraient soumis à des tests de dépistage des coronavirus et que « nos protocoles de santé généraux seront respectés ». Il y a 2 850 cas et 166 décès signalés dans le pays de près de 11 millions de personnes.

TRANSPORT. EasyJet va reprendre ses vols en juin avec des masques obligatoires

CHINA AFRICA MEDIA – C’est aussi le déconfinement dans le secteur des transport. La compagnie aérienne britannique à bas prix EasyJet a déclaré qu’un petit nombre de vols reprendraient le 15 juin et que les passagers et le personnel de cabine seraient tous tenus de porter des masques lors de leurs déplacements.

Les avions d’EasyJet ont été immobilisés depuis la fin mars 2020, lorsque le coronavirus s’est propagé à travers l’Europe, mais la compagnie aérienne a déclaré qu’elle redémarrerait les vols intérieurs au Royaume-Uni et en France à partir du 15 juin, avant d’ajouter d’autres destinations plus tard.

CRISE COVID-19. L’OMS échappe de justesse aux sanctions souhaitées par TRUMP

Lors de la 73ème Assemblée mondiale de la Santé du 19 mai – la première à se tenir entièrement par visioconférence, la question de la sanction de l’Organisation Mondiale de la Santé était au centre des pourparlers
Quelque peu esseulé sur la scène internationale par les positions de Donald TRUMP et son protectionnisme économique, Washington a échoué à faire adhéré le plus grand nombre à sa démarche : sanctionné l’OMS pour sa gestion de la crise. Mardi en effet, les principaux États membres de l’OMS ont rejeté la demande d’action punitive de TRUMP contre l’organisation. D’autres membres se sont même fâchés face à cette demande de TRUMP.

Ces derniers ont toutefois décidé de mener une enquête «équitable et indépendante» sur la réponse de l’OMS à la nouvelle pandémie de coronavirus, qui a provoqué la chute des États-Unis dans isolé. Trump a tenté à plusieurs reprises de blâmer la propagation du virus sur l’OMS et la Chine, et se dérobe à sa responsabilité de gérer les désavantages.
Mais fidèle à son tempérament, Donald TRUMP n’en démord pas pour autant, malgré son échec à faire passer cette décision. Dans une lettre de quatre pages publiée lundi soir, le président américain a menacé qu’à moins que l’OMS ne s’engage à apporter « des améliorations substantielles et substantielles » dans les 30 jours, les États-Unis couperaient définitivement le financement américain au fonctionnement de l’organisation.

Il a tenté à plusieurs reprises de faire porter à L’OMS et à la Chine la propagation du virus dans le monde. Une manière subtil analyse certains de soustraire sa responsabilité dans la crise mondiale de santé publique qui a fait plus de 90 000 morts aux États-Unis. Cette lettre est une nouvelle escalade.

Mais lors de la conférence annuelle de Genève, les représentants des États membres de l’OMS ont toujours choisi de soutenir l’organisation, ignorant fondamentalement les exigences de réforme globale émise par Donald TRUMP, et ont appelé le monde à affronter ensemble cette pandémie meurtrière.

Les résolutions des travaux

A noter que lors de cette 73ème Assemblée mondiale de la Santé, les délégués ont adopté une résolution décisive pour amener le monde à faire front commun contre la pandémie de COVID-19. La résolution, coparrainée par plus de 130 pays, a été adoptée par consensus.

Elle appelle à intensifier les efforts pour maîtriser la pandémie et à assurer l’accès équitable à tous les produits et à toutes les technologies de santé essentiels pour combattre le virus ainsi que leur juste distribution. Elle appelle aussi à mener une évaluation indépendante et complète de la riposte mondiale, y compris, mais pas seulement, de l’action de l’OMS.

Un message en particulier ressort de cette réunion de deux jours pendant laquelle l’OMS a réuni les Ministres de la santé de presque chaque pays du monde, mais aussi 14 chefs d’État aux séances d’ouverture et de clôture : l’unité mondiale est le plus puissant outil pour combattre l’épidémie. Cette résolution incarne concrètement cet appel et fixe la voie à suivre pour endiguer la flambée.

Dans son allocution de clôture, le Directeur général de l’OMS, le DTedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré : « La COVID-19 a emporté des êtres qui nous étaient chers. Elle nous a volé des vies et des moyens de subsistance. Elle a ébranlé les fondations de notre monde. Elle menace de rompre les fils qui constituent la trame de la coopération internationale. Mais elle nous a aussi rappelé que malgré toutes nos différences, nous sommes l’espèce humaine, une et indivisible, et que l’union fait notre force. »

SOUDAN. Un chaos total règne après le départ d’Omar El-BECHIR

CHINA AFRICA MEDIA – Publication Al Jazeera – Un peu plus d’un an après la destitution du président Omar EL-BECHIR à la suite de manifestations de plusieurs mois à travers le pays, le Soudan se trouve dans une situation politique et socioéconomique de plus en plus difficile. Les forces contre-révolutionnaires ont cherché à annuler une grande partie des progrès accomplis depuis l’année dernière, tandis que le gouvernement civil, qui est censé conduire le pays dans une transition politique, est de plus en plus exposé aux attaques et aux divisions internes.

Pendant ce temps, l’alliance des Forces pour la liberté et le changement (FFC), la coalition civile derrière les manifestations qui ont aidé à former le gouvernement, fait face à une fragmentation croissante en raison de différences politiques, idéologiques et ethniques, affaiblissant davantage le pouvoir civil.

Dans cette situation de plus en plus difficile, le Premier ministre Abdalla HAMDOK a envoyé deux lettres aux Nations Unies, demandant la formation d’une mission politique spéciale au Soudan en vertu du chapitre VI de la Charte des Nations Unies, qui traite du règlement pacifique des différends. La mission actuelle des Nations Unies dans le pays, la Mission des Nations Unies et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD), qui a été créée en vertu des dispositions du chapitre VII sur le maintien de la paix et fonctionne avec une force de l’Union africaine, a un mandat de maintien de la paix et de protection civile au Darfour qui expirera en octobre de cette année.

La nouvelle mission demandée est de couvrir « l’ensemble du territoire du Soudan » et de soutenir l’application de la Déclaration constitutionnelle du Soudan, qui a été introduite l’année dernière pour ouvrir la voie à un régime civil. Il serait également chargé de promouvoir les accords de paix dans les zones de conflit dans les États du Darfour, du Sud-Kordofan et du Nil bleu, de mobiliser l’aide économique internationale, de coordonner l’aide humanitaire et d’élaborer des statuts et divers efforts de réforme de l’État, comme indiqué dans Lettres de HAMDOK à l’ONU.

Sa demande, si elle est approuvée, fera passer le rôle de la communauté internationale au Soudan du maintien de la paix à la consolidation de la paix, ce que Khartoum demande depuis l’année dernière. Cette décision du Premier ministre a déclenché un débat extrêmement houleux et des tensions qui pourraient conduire à de profondes divisions et à la violence au Soudan.

De nombreux groupes islamistes, en particulier les dirigeants et les partisans de l’ancien régime, en ont profité pour attaquer le gouvernement et l’accuser de saper la souveraineté et l’indépendance du pays et de mettre en péril son intégrité territoriale en ouvrant le Soudan au nouveau colonialisme.

Entre autres facteurs, les accusations découlent d’affirmations selon lesquelles les lettres de HAMDOK à l’ONU reflétaient la proposition conjointe britannique et allemande au Conseil de sécurité de l’ONU. Cela a renforcé la conviction dans certains milieux que la nouvelle mission de l’ONU demandée serait un outil d’ingérence étrangère dans les affaires intérieures du Soudan et que le gouvernement de Hamdok est une marionnette de puissances étrangères.

D’autres ont également jugé cette décision problématique, bien que pour des raisons différentes.

De nombreux militants et observateurs à l’intérieur du pays pensent que les divisions au sein du FFC et l’incapacité de Hamdok à capitaliser sur l’élan de la révolution en mobilisant le soutien de la base pour son gouvernement l’ont affaiblie. Sa demande d’une nouvelle mission des Nations Unies, qui correspond dans une certaine mesure aux propositions britanniques et allemandes, constitue une tentative de renforcer sa légitimité internationale alors qu’il fait face à des problèmes intérieurs croissants.

Mais plus inquiétant, la décision de HAMDOK de rechercher une mission politique sans pouvoir de maintien de la paix est une concession aux militaires. Beaucoup craignent que les tensions entre le Premier ministre et le FFC l’aient poussé à solliciter le soutien du général Abdel FATTAH Al BURBAN, chef de l’armée et président du Conseil souverain de transition, et de Mohamed HAMDAN DAGALO (également connu sous le nom de HEMETI), le chef des Forces de soutien rapide (RSF), l’une des principales milices parrainées par l’État accusées de crimes de guerre au Darfour.

Il est dans l’intérêt de l’armée et de RSF que les Casques bleus des Nations Unies se retirent du pays et qu’aucune force étrangère n’ait un mandat de protection civile, ce qui entraverait leurs opérations dans différents points chauds du conflit à travers le pays. Une présence plus faible de l’ONU signifierait également une position plus faible du pouvoir civil vis-à-vis des militaires. Sans aucun doute, cette situation finira par saper le gouvernement civil du Soudan et la transition qu’il est censé mener.

IRAK. Enfin un Gouvernement après six mois retournement de situation et d’intenses tractations.

Exilé sous le régime Saddam HUSSEIN, journaliste devenu patron du renseignement irakien, le Premier ministre Mustafa Al-KHADIMI, entamera son mandat sans le quota complet de ministres, après le rejet de plusieurs candidats.

Après six mois de vide institutionnelle parce que sans gouvernement, le parlement irakien a approuvé mercredi un nouveau gouvernement, alors qu’aucune issue n’était envisageable jusqu’à la dernière minute tellement les partis se disputaient au sujet des sièges, mêmes si les tractations se poursuivaient dans les coulisses pour un accord.

 L’ancien Premier ministre Adel ABDUL MAHDI, qui dirigeait une administration intérimaire, a démissionné l’année dernière après que des milliers de personnes soient descendues dans les rues pour réclamer le départ de l’élite dirigeante irakienne accusée de conduire le pays au dysfonctionnement et à la ruine économique.

La bataille autour des portefeuilles gouvernementaux depuis la démission ABDUL MAHDI en novembre 2019 a empêché deux candidats au poste de Premier ministre de former un cabinet.

Les candidats Al-KHADIMI à des postes ministériels comprenant l’Intérieur, la Défense, les Finances et l’Electricité ont été approuvés avec le soutien de la majorité des législateurs présents. Par contre, le vote concernant les ministères du Pétrole et des Affaires Etrangères a été retardé car les parties ne se sont pas accordées sur les candidats. Ils ont rejeté les choix de KHADIMI concernant le portefeuille de la Justice, de l’Agriculture et du Commerce.

« La sécurité, la stabilité et le développement de l’Irak sont notre chemin« , a écrit KHADIMI sur son compte Twitter après que le Parlement ait voté pour son cabinet.

Il a ajouté que ses priorités seraient de lutter contre la pandémie de coronavirus et de demander des comptes à ceux qui avaient tué des manifestants au cours des mois précédents de troubles antigouvernementaux.

Né à Bagdad en 1967 dans une famille chiite et diplômé en droit, le chef du renseignement Al-KHADIMI a été le troisième candidat désigné le jeudi 9 avril 2020 par le président Barham SALEH pour tenter de former un gouvernement en quatre mois.

Al-KADHIMI

A titre de rappel, le camp pro-iranien a obtenu le retrait d’Adnane ZORFI, qu’il voyait comme un « agent américain », mais a,en guise de compromis, concédé d’appuyer M. Al-KHADIMI, un indépendant modéré qui fait consensus parmi la classe politique. « Cela prouve que personne ne peut imposer sa volonté : ni un bloc politique ni un pouvoir étranger. Il n’était le premier choix ni de Washington ni de Téhéran. Sa désignation est le résultat d’un large accord entre partis chiites, mais aussi kurdes et sunnites », commente Mohamed RADHI, membre du parti chiite Al-Hikma.

Parcours d’un journaliste exilé

Mustafa Al-KADHIMI s’était exilé en Iran puis en Grande-Bretagne pour échapper à la dictature de Saddam Hussein. Journaliste et essayiste, il est rentré en Irak après l’invasion américaine de 2003. Il a aidé à fonder le Réseau des médias irakiens et un journal en ligne, Al-Monitor, et a documenté les crimes du régime baasiste au sein de la Fondation pour la mémoire irakienne. En juin 2016, Haïder Al-ABADI, alors Premier ministre, le choisit pour prendre la tête des services de renseignement en pleine guerre contre l’organisation Etat islamique (EI).

Dans l’ombre qu’impose la fonction, cet homme pragmatique, au physique émacié, cultive ses relations avec les agences de renseignement et les diplomates étrangers, notamment les Américains et les pays membres de la coalition anti-EI. Il est leur interlocuteur pour le dossier des djihadistes étrangers. « Il a des relations étendues dans le monde arabe, en particulier en Jordanie, en Egypte, au Liban et dans le Golfe. Il a travaillé étroitement avec les Saoudiens pour restaurer les liens après 2016 et a développé une relation proche avec le prince héritier, Mohammed Ben Salman », ajoute Sajad JIYAD du centre Bayan à Bagdad, qui le décrit comme un homme « mesuré, non conflictuel, qui met l’accent sur le dialogue ». Et l’Iran respecte Al-KADHIMI.