Gabon-Chine. « L’objectif des politiques chinoises est en parfaite concordance avec le PAT gabonais »

Autres PressesÀ l’occasion des  »Deux sessions » en Chine, la presse gabonaise a rencontré S.E Hu Changchun, Ambassadeur de Chine au Gabon. Il présente les grandes décisions prises, ainsi que les perspectives de la coopération Chine-Gabon.

Innocent M’badouma : M. l’ambassadeur, les vaccins contre le Covid-19 offerts par la Chine au Gabon sont arrivés à Libreville le 12 mars. Mais dans quelles circonstances ?

Hu Changchun : Dans le but de concrétiser la convergence entre le président Xi Jinping et le président Ali Bongo Ondimba de lutter ensemble contre la Covid-19, nous avons conjugué nos efforts pour voir le Gabon parmi les premiers pays africains à recevoir les vaccins chinois. Ce qui démontre l’amitié solide de longue date entre la Chine et le Gabon et le dynamisme du partenariat de coopération globale sino-gabonais.

L’économie gabonaise et celle du monde entier ont été négativement impactées par la pandémie. Et le gouvernement gabonais a récemment mis en place le Plan d’accélération de la transformation (PAT). De son côté, la Chine a pris des dispositions pour équilibrer le contrôle de la pandémie et la relance de l’économie. Dans quelle mesure les deux pays peuvent-ils travailler ensemble pour booster la croissance de l’un et de l’autre ?

Sous la conduite du président Ali Bongo Ondimba, le gouvernement gabonais a élaboré le Plan d’accélération de la transformation qui vise à explorer de nouvelles voies pour promouvoir le développement socio-économique du pays, tout en ripostant efficacement contre la pandémie. La partie chinoise l’apprécie hautement. Le gouvernement chinois s’est attaché également à concilier la riposte sanitaire et la relance économique. Avec les efforts de tout le pays, la Chine est devenue la seule économie majeure du monde qui a réalisé une croissance positive en 2020. Dans le contexte de la pandémie, d’un côté, la Chine tient à accorder la primauté au peuple et à la vie humaine. Elle ajuste à temps ses stratégies de riposte en fonction de la situation épidémique, et assure au maximum la sécurité et la santé du peuple pour créer des conditions nécessaires à rendre la vie et l’activité économique à la normale. De l’autre côté, elle adopte des politiques macroéconomiques axées sur  » six garanties « , à savoir, garantir l’emploi, le niveau de vie fondamental, les acteurs du marché, la sécurité alimentaire et énergétique, la stabilité de la chaîne industrielle et celle d’approvisionnement, ainsi que le bon fonctionnement des institutions locales…

… mais pour quel objectif ?

– L’objectif des politiques chinoises est en parfaite concordance avec le PAT gabonais. Aujourd’hui, la Chine s’efforce d’établir une nouvelle disposition de développement caractérisée par la priorité accordée à la circulation économique interne et son interaction avec la circulation économique internationale, tout en œuvrant à la mondialisation de sa chaîne industrielle et d’approvisionnement. De ce fait, la Chine continuera à élargir ses importations du monde entier, notamment des pays africains, apportant ainsi sa contribution à l’industrialisation et à l’auto-développement de ces derniers.

Dans quels domaines, notamment, cette coopération est-elle possible ?

Afin de mieux lutter contre l’épidémie et de relancer l’économie, la Chine entend bien renforcer des échanges d’expériences avec le Gabon sur la bonne gouvernance, faire valoir pleinement leurs avantages comparatifs, et renforcer leur coopération gagnant-gagnant notamment dans les domaines tels que l’agriculture, l’exploitation forestière, énergétique et minière, l’écotourisme, l’économie numérique et la construction des zones de libre-échange, au grand bénéfice de nos deux peuples.

Le mois de mars marque non seulement les rentrées de l’Assemblée nationale et du Sénat au Gabon, mais aussi les  » Deux sessions  » en Chine. Quelles sont les grandes décisions prises par l’APN lors des dernières  » Deux sessions «  ?

D’après un adage chinois,  » la récolte de l’année dépend du printemps où se font les semailles « . Les grands axes de l’année sont aussi définis lors des  » Deux sessions  » chinoises. Sur le plan du développement économique et social, la Chine vise une croissance de plus de 6 % en 2021, a déclaré le Premier ministre Li Keqiang le 5 mars. Conformément au 14e plan quinquennal pour le développement économique et social et les objectifs à long terme à l’horizon 2 035 adoptés par l’APN, la Chine veille à améliorer la qualité et l’efficacité du développement, à baser le développement sur l’innovation, afin de faire de l’indépendance technologique un appui stratégique pour le développement du pays. La Chine encouragera le développement vert et accroîtra sans cesse le bien-être du peuple.

… et au plan international ?

Sur le plan de la politique extérieure, le conseiller des Affaires d’État et ministre des Affaires étrangères Wang Yi, a indiqué le 8 mars, que la Chine s’investirait résolument dans le développement actif des relations d’amitié avec différents pays, la coopération internationale contre la Covid-19 et la promotion des interactions de qualité dans le cadre de l’Initiative  » la Ceinture et la Route  » pour bâtir ensemble une communauté de destin pour l’humanité. Cette année, la nouvelle édition du Forum sur la coopération sino-africaine se tiendra au Sénégal. La Chine voudrait bien saisir cette opportunité pour soutenir l’Afrique dans ses efforts visant à vaincre le virus, à accélérer l’industrialisation et l’intégration régionale, afin de construire une communauté de destin sino-africain encore plus solide…

L’actualité nationale en 2020 a été dominée par la « crise » à Hong Kong. Ce territoire, partie intégrante de la Chine était-il au centre des préoccupations de l’APN ?

L’APN a également pris une décision sur le perfectionnement du système électoral de la Région administrative spéciale de Hong Kong de la Chine, fournissant ainsi des garanties institutionnelles pour concrétiser effectivement la politique d’ »un pays, deux systèmes  » et l’ »administration de Hong Kong par les patriotes « . Ce qui non seulement répond à l’impératif d’assurer la stabilité et la prospérité de Hong Kong à long terme, mais aussi correspond totalement à la Constitution et à la loi chinoises qui confèrent à l’APN ces pouvoirs et responsabilités. Cette décision revêt une signification importante pour sauvegarder la souveraineté, la sécurité, les intérêts de développement de la Chine, pour garantir le développement stable sur le long terme de la politique d’ »un pays, deux systèmes « , et pour assurer à Hong Kong un avenir encore plus radieux.

(Source : L’Union)

HU Changchun, Ambassadeur de Chine au Gabon : «on connaît l’ami dans le besoin»

A l’occasion de l’arrivée du don du gouvernement chinois au gouvernement du Gabon, China Africa Média s’est entretenu avec Hu Changchun, Ambassadeur de Chine au Gabon sur le sens de ce don, les relations Chine Afrique au sujet de la route de la soie sanitaire, et des relations bilatérales Gabon-Chine.

China Africa Media: Excellence M. l’Ambassadeur. Vous venez de remettre au Gabon un don de matériel médical, quel sens donné vous à ce don du gouvernement chinois au gouvernement du Gabon ?

HU Changchun : Ce don, composé de 100 000 masques médicaux, 10000 masques N95, 5000 combinaisons médicales, 3000 paires de lunettes de protection, 3 000 paires de gants et 3 000 paires de housses de chaussures, témoigne une fois de plus de la solidarité constante du peuple chinois au peuple gabonais dans sa riposte contre le Covid-19.

Au moment le plus difficile dans notre riposte, le Gabon et tant d’autres pays africains nous ont accordé leur sympathie et soutien sincères. S.E.M. Ali BONGO ONDIMBA, Président de la République Gabonaise, et le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères, ont adressé respectivement des messages de compassion à leurs homologues, exprimant leur soutien ferme à la bataille chinoise contre le Covid-19. Ces témoignages d’amitié sont fortement appréciés et resteront à jamais gravés dans nos cœurs.

Remise symbolique du don Pr TCHOUA, de Santé militaire

Pensez-vous que le fait pour la Chine d’avoir été le premier pays touché par la pandémie du covid-19 a permis au monde de profiter de l’expérience chinoise de gestion de la Crise ?

Frappée en premier par le nouveau coronavirus, la Chine a réagi avec rapidité et détermination. La nation tout entière a été mobilisée. Des mécanismes intégrés de contrôle et de traitement les plus stricts et les plus complets ont été mis en place. Avec des efforts opiniâtres et des sacrifices énormes pendant deux mois, l’épidémie est bien contenue en Chine. Tout cela a donné de la confiance et des expériences à la communauté internationale et leur a gagné du temps.

Aujourd’hui, que faut-il à l’humanité pour vaincre cette maladie ?

Le Covid-19 est un ennemi commun de toute l’humanité. Ce dont la communauté internationale a le plus besoin, c’est d’une confiance renforcée, d’efforts concertés et d’une réponse collective par un renforcement de la coopération internationale sur tous les plans et la création d’une forte synergie, de manière à gagner ce combat de l’homme contre une maladie infectieuse majeure.

Photo de famille au terme de la cérémonie de remise du don médical

Quelle analyse faites-vous des relations Chine-Afrique ?

La Chine et l’Afrique sont depuis toujours bons amis, bons partenaires et bons frères qui partagent heur et malheur et qui ont fait preuve de solidarité et d’entraide depuis l’éclatement de l’épidémie.

Comme le dit un adage, «on connaît l’ami dans le besoin». Aujourd’hui, la Chine suit avec grande attention l’évolution de l’épidémie en Afrique. Toujours confrontée à la tâche urgente de lutter contre l’épidémie à l’intérieur du pays et de relancer sa machine économique nationale, la Chine a surmonté des difficultés pour fournir des aides à l’Union africaine et aux pays africains, a organisé des vidéoconférences sino-africaines de partage d’expériences, et a encouragé des établissements et des entreprises chinoises, telles que la fondation de Jack Ma, à apporter leur aide à nos amis africains. Nous avons partagé en temps réel le protocole de diagnostic et de traitement du Covid-19 avec les autorités gabonaises.

Aussi, la mission médicale chinoise reste toujours à leur poste, et travaille épaule contre épaule avec les personnels de santé gabonais. Tout cela est une belle illustration de la communauté de destin sino-gabonaise.

Après ce don que vous venez de transmettre aux autorités gabonaises, pensez-vous que la Chine puisse accorder une nouvelle aide similaire au Gabon ?

La Chine continuera à envoyer au Gabon des fournitures médicales, à partager avec lui des expériences sur la prévention et le traitement, et à renforcer la coopération sanitaire, pour soutenir ses efforts de prévention et de contrôle et vaincre ensemble la maladie. Je suis convaincu qu’en restant unis et solidaires, nous allons dissiper les nuages de pandémie, et le partenariat de coopération globale sino-gabonais en sortira encore plus fort et plus fructueux.

(1) HU Changchun : Ambassadeur de Chine au Gabon/

Teferi Melesse Desta : « La discrimination envers la Chine et son peuple et leur restriction sont injustes »

Le Consul général de la République fédérale démocratique d’Éthiopie à Guangzhou, dans une vocale accordée à Newsgd.com début février, et réécris par China Africa.media, explique pourquoi Ethiopian a maintenu ses vols sur la Chine, malgré la crise du covid-19.

China Africa.media : Selon l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), plus de 40 pays ont exprimé leur soutien aux mesures de prévention et de contrôle que la Chine a prises contre le coronavirus (COVID-19). Sauf que dans les faits, des nombreuses compagnies ont suspendu leurs vols vers la Chine. Ethiopian Airlines a maintenu les siens en correspondance avec la Chine. Quelle explication donnée à ce choix des autorités de l’aviation civile éthiopienne ?

Teferi Melesse Desta : Nous avons une population importante dans le Guangdong. L’Éthiopie compte 3 300 étudiants dans la province du Hubei et plus de 100 à Wuhan. Il compte également un grand nombre de résidents et d’étudiants vivant dans les six provinces du sud de la Chine, le district consulaire du Consulat général éthiopien à Guangzhou. Suspendre les vols n’est pas une solution. Seule la coopération résoudra ce problème. Nous coopérons étroitement avec les gouvernements locaux.

Les restrictions imposées par certains pays concernant le voyage et le commerce peuvent-ils résoudre le problème de la propagation du virus ?

Depuis l’épidémie de coronavirus en Chine, la discrimination et la peur envers les Chinois se sont propagées sous diverses formes sur les réseaux sociaux, comme les caricatures et les vidéos. Certaines personnes expriment des réactions négatives, en raison du manque d’informations ou de motivations différentes. C’est le moment pour nous de nous rapprocher du peuple chinois. Les restrictions mondiales n’étaient pas aussi rapides ou sévères lorsque les crises Ebola, MERS et H1N1 ont frappé. Ce n’est pas juste et nous pensons qu’il s’agit d’un double standard. Les restrictions ne résoudront pas le problème.

Sur ce point j’approuve les remarques de Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : la communication et le commerce internationaux devraient être également respectés par tous les pays du monde. Les restrictions de voyage ne résoudront pas le problème, mais la coopération les unes avec les autres le sera.

Il existe une forte communauté éthiopienne dans le Guangdong. Il revient que les ressortissants éthiopiens ont une renommée plutôt accepté par les Chinois. Quel est le secret ?

En tant que Consul général je collabore étroitement avec les bureaux des affaires étrangères des différentes provinces pour échanger des informations et mettre à jour la situation de leur peuple chaque jour. Nous apprécions vraiment ce que les autorités chinoises font pour aider les étrangers en Chine à obtenir des informations pertinentes et en temps opportun. Les informations fournies sur le virus sont très rapides et ont aidé le monde à comprendre le virus.

Quelle analyse faites-vous de la conduite par la Chine de la riposte contre le covid-19 ?

La Chine a fait allait au-delà des exigences de l’OMS et a fixé un niveau élevé. Ces mesures ont contribué à la sécurité et à la santé générales de la communauté mondiale, pas seulement du peuple chinois. Je suis convaincu que la Chine avec ses homologues mondiaux surmontera ce défi ensemble très bientôt. Les gens ne devraient pas oublier les différents mécanismes de coopération tels que la Belt and Road Initiative, à travers laquelle la Chine coopère avec différents pays et régions du monde. La crise sanitaire passera, et quand cela passera, la solidarité mondiale nous rapprochera beaucoup plus.

(Source : Guangdong – Newsdg février 2020)

« Il faut absorber cette force de travail, sinon vous ferez face à des problèmes sociaux dans l’avenir »

C’est ce que pense DING Yufan, Chercheur au Centre de Recherches et de Développement de Chine au sujet des modèles économiques adoptés par les dirigeants africains actuels. Cliquez sur le lien suivant: https://youtu.be/TZHFCKj40Uw pour regarder l’intégralité de l’entretien sur notre chaîne YouTube

Par Innocent M’BADOUMA-. Au cours d’une interview accordée à China Africa Media (regardez l’intégralité en cliquant sur le lien https://youtu.be/TZHFCKj40Uw), l’imminent chercheur DING Yufan est revenu sur les fondements de la reformes et de l’ouverture qui a impulsé la révolution agricole chinoise que nous connaissons aujourd’hui. Le chercheur souligne également le rôle stratégique que pourrait jouer la Chine dans le développement agroindustriel du continent africain. S’il croit fermement au potentiel de l’Afrique dont la population active est la plus jeune au monde, DING Yufan ne manque pas de mentionner les carences du système éducatif inadapté aux besoins locaux. « Si rien n’est fait pour absorber cette force de travail, vous aurez des problèmes sociaux dans l’avenir » prévient-il aux dirigeants des pays africains.

Plutôt qu’un système éducatif sélectif et non accessible à la masse, quel modèle de formation pourrait être bénéfique pour l’Afrique ?

Comment pourrait-on éviter des crises sociales avenir liées à une démographie sans cesse croissante ?

Comment l’Afrique pourrait-elle tirer parti de sa coopération avec la Chine ?

M. DING Yufan répond à nos questions dans un entretien exclusif à retrouver sur notre chaine You Tube :https://youtu.be/TZHFCKj40Uw